Welcome To #9 Programme itinérant de courts métrages à contraintes en Hauts-de-France

WELCOME TO #9 est le neuvième festival de courts métrages de DICK LAURENT.

Le principe : réaliser un film (d’une durée maximum de 8 minutes) en intégrant les 3 contraintes suivantes : s’inspirer du thème « Résistance », intégrer un plan débullé, insérer le mot « Orange » ou « Mécanique »

  • 20/09/2018 20H00 Montreuil-sur-Mer – Ciné-Théâtre
  • 21/09/2018 13H00 Templeuve – Olympia Ciné
  • 01/10/2018 14H00 Merville – Espace Robert Hossein
  • 02/10/2018 20H15 Villers-Cotterêts – Les Clubs
  • 05/10/2018 20H30 Calais – L’Alhambra
  • 09/10/2018 14H00 Liévin – L’Arc-en-Ciel
  • 18/10/2018 20H30 Dunkerque – Studio 43
  • 14/11/2018 20H30 Clermont – Cinéma du Clermontois
  • 30/11/2018 20H30 Crécy-en-Ponthieu – Le Cyrano
  • 02/12/2018 11H00 Douai – Salle Paul Desmarets
  • 07/12/2018 15H00 Bruay-la-Buissière – Les Étoiles
  • 11/12/2018 20H30 Berck-sur-Mer – Le Cinos
  • 23/01/2019 21H00 Villeneuve d’Ascq – Le Sully, salle culturelle, Université de Lille 1

Programmation :

  • Happy Meal des élèves de Première option cinéma du Lycée Henri Poincaré de Nancy
  • Le Lieu de Charlotte d’Hana Hancinova et Michal Valentin
  • Oranges vs. Mécaniques des élèves de l’option cinéma du Lycée du Noordover de Grande-Synthe
  • Mécanique du Chaos de Nicolas Méreau
  • Visions de Juliette Ville (BackLight, 8′)
  • 2 % de Solène Tardivon
  • Land ’78 Postmodern de Charles Blondelle
  • La Mécanique des Fluides de Max René
  • Cette Chanson te rappelle à mon Souvenir d’Eric Deschamps
  • Le Duc raconte de Vince Cath et Simon Harduin
  • Entre les Lignes de Juliette Vincent, JS, Lucas Speleers & Benjamin Michel
  • Derniers Maux de Louise Fontaine, Félix Bonnet et Élise Brefort
  • Doogle de Julien Bourgery

Festival International du Court-Métrage du 16 au 23 septembre

Au programme :
• Compétition de court métrages autour de note sélection officielle ;
• Talents en Court : un rendez-vous conviviale autour des jeunes talents régionaux ;
• Nouveauté : découverte de la Réalité Virtuelle !
• Spécial Kids ! : un programme de courts destinés à nos plus petits festivaliers ;
• Marathon du Court : un défi créatif de 48h pour réaliser un très court métrage…

Site internet : http://www.festivalducourt-lille.com/

 

Carnet d’un festivalier : jour 10  » Ce qu’on fait un jour, on peut, à plus forte raison, le faire tous les jours »

WALDSTILLE : “Je vais tout casser si vous touchez au fruit de mes entrailles”

Après 5 ans de prison un père tente de reprendre contact avec sa fille de 6 ans confiée à ses grands-parents maternels. Alors que sa belle famille lui est définitivement hostile, sa propre famille ne le soutient pas vraiment. C’est alors un enchaînement d’actes qui, à la fois, l’éloignent et le rapprochent de cette petite fille protégée « du squelette dans le placard »

ANNA’S LIFE : “J’emporterais dans ma valise mes échecs pour jouer et gagner”

Anna’s life se veut le premier volet d’une trilogie d’histoires de femmes. Contrairement aux habituels films géorgiens l’action se situe en ville et Nino BASILIA fait de son héroïne une citadine moderne affranchie des traditions. Partir travailler en Amérique est un rêve qu’elle veut voir devenir une réalité malgré toutes les embûches. C’est aussi un dilemme que de laisser son fils autiste.

HOUSTON WE HAVE A PROBLEM : “le complot c’est génial surtout quand il est mondial”

Ziga VIRC réussit au cinéma ce que Le Gorafi fait sur le net. Croire au Père Noël structure la réalité sociale. Sur cette base la conquête de l’espace, l’assassinat de Kennedy et les voitures Yugo pour le marché américains ne sont que des complots. Le documenteur : un nouveau genre qui a de l’avenir.

ENCLAVE : « les enfants de la guerre ne sont pas des enfants »

La guerre au Kosovo à hauteur d’enfant quand le sujet de la rédaction est  « Mon meilleur ami ». Un film excessivement touchant.

UN JOUR MON PRINCE : « Bercer mon cœur de ton sourire Plein de rêves et de souvenirs »

Carole : Il est temps pour les fées d’accélérer le mouvement : plus que quelques jours pour trouver le prince charmant qui va réveiller la belle au bois dormant. Blondine et Mélusine sont envoyées à Paris, ville de l’Amour, afin d’y trouver la perle rare qui sauvera le pays des contes de fées. Une comédie enjouée avec Catherine JACOB (Titania) et Pierre-François MARTIN-LAVAL (Le corbeau)

Joris : Une parenthèse enchantée avec des personnages féeriques, une histoire décalée dans un décor de conte. Flavia Coste nous montre qu’il faut encore croire à ses rêves et ne jamais oublier les fées et légendes. Une bulle d’air dans un monde difficile.

v__be821
NORM : « J’ai rêvé d’un autre monde »

Un ours blanc, Norm, va devoir sauver sa banquise d’un entrepreneur fou qui veut construire des maisons. Un beau message sur l’écologie mais pas vraiment sur le cinéma. Le graphisme, les décors et le scénario sont simplistes et n’apportent aucune originalité. C’est un simple divertissement à voir au coin du feu pendant la période de Noël.

Carole LECHEVIN et Joris NAESSENS pour Scarpe Ciné

Carnet d’un festivalier : jour 9, « La femme est l’avenir de l’homme »

ON THE OTHER SIDE : « Derrière le Miroir j’ai vu Monsieur Mystère »

Zinko OGRESTA utilise le terreau de la situation complexe de la Croatie 20 ans après la guerre pour présenter une histoire en forme de puzzle. Choisir son camp, faire face à la part d’ombre de chacun, personne ne peut imaginer ce qui peut se passer de l’autre côté. L’image est au service de l’histoire : les reflets dans les vitres ou dans les miroirs, les plans volontairement coupé par les murs…

UNITED STATES OF LOVE : “Femme, Femme, Femme fais nous voir l’amour »

Histoires entrecroisées de 4 femmes, de leurs espoirs en Pologne à la suite de la du chute du mur. Des portraits d’espérance ou de désespérances diverses. Les corps comme les âmes sont mis à nu.

PAULA : « Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile »

Paula”est un bébé des ArrasDays (bourses pour des projets de long-métrages européens. Biopic sur la vie est l’oeuvre de la peintre allemande Paula MODERSOHN BECKER. Portrait d’une femme du XXĖME, peintre moderne dans un monde masculin qui demande précision et exactitude. “Les femmes ne produisent rien de créatif si ce n’est des enfants.” 

MELLOW MUD : « J’irai au bout de mes rêves »

Raya (Elina VASKA) a 17 ans, et le rêve de retrouver sa mère partie en Angleterre. Avec Robis (Andzejs LILIENTALS) ils tentent de cacher la mort de leur grand-mère pour continuer à vivre ensemble. Dans un décor de forêt lettone, ce film nous présente une œuvre délicate sur l’adolescence, les choix.

GLORY : “Sans chemise, sans pantalon »

Cette tragé-comédie bulgare réveille les zygomatiques. Tsanko (Stefan DENOLYUBOV) est un intègre cantonnier bègue qui a 2 passions : ses lapins et SA Glory (montre gravée cadeau de son père). Il découvre un sac plein de billets de banque et le remet à la police. Décoré pour son acte d’une montre qui s’arrête rapidement, il va tout faire pour récupérer SA Glory qu’il avait confié à Julia (Margita GOSHEVA) la directrice des Relations Publiques du Ministre des Transports. Un engrenage se déclenche. 

VINCENT : « Moi aussi, j’ai eu 17 ans »

Vincent, 17 ans, est un activiste écologique. Avec sa marraine jouée par Alexandra LAMY, il part à Paris pour se chercher. Dans cette aventure rocambolesque, il embarque sa famille flamande. Ce film oscille entre la comédie belge et le drame social prenant pour thème le suicide chez les jeunes. Un voyage initiatique avec des forces de caractère et une évasion pour dévoiler qui se cache derrière cet ado perdu. Coup de cœur pour ce film où les personnages s’apprennent en aidant les autres. Beaucoup d’espoir.

dsc02937

LA CONFESSION : « Parlez moi d’amour »

Romain DURIS est un prêtre arrivant dans un petit village à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il rencontre Marine Vacth jouant une communiste athée. D’une confession, une rencontre et plus va suivre. Le cinéaste de Made in France film ce duo-duel avec une multitude d’effets (zoom, transparence, gros plan visage). Certes, la mise en scène est épurée mais rien n’enlève à certaines longueurs à cause de longs silences entre les dialogues et au rythme. Néanmoins, Romain DURIS est très convaincant dans ce rôle et sur ce film sur nos croyances.

Carole LECHEVIN et Joris NAESSENS pour Scarpe Ciné

Carnet d’un festivalier, jour 8 : Aimer signifie être disponible pour les miracles, pour les victoires et les défaites …

WE ARE NEVER ALONE : « On dort, les uns contre les autres. On vit, les uns avec les autres »

« Ceux qui ont peur de mourir ont peur de vivre ». Peter VACLAV nous dépeint le portrait d’une société tchèque en perte de repères. Un hypocondriaque, un gardien de prison qui prolonge chez lui ses réflexes de travail, une apprentie entraîneuse sur le tard et des enfants aux habitudes étranges. L’alternance couleur-noir et blanc permet au spectateur de mieux appréhender les changements de cap.

NIGHTLIFE : «Qu’as-tu fait John ? Qu’as-tu fait ? »

Tiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique en Slovénie c’est une histoire glauque que nous présente Damjan KOZOLE. Un avocat est retrouvé mourant et nu sur un boulevard. Effets de mœurs particulières ou complot visant un avocat contesté ? Nous suivons son épouse entre hôpital et commissariat dans sa volonté de ne faire aucune publicité sur ce qui s’est réellement passé. Le pire est-il derrière nous ? 

ROUES LIBRES : « J’irai au bout de mes rêves. Tout au bout de mes rêves. »

Ce film hongrois d’Attila TILL, diplômé des beaux-arts avant de se lancer dans le long métrage nous plonge dans l’univers graphique de la B.D. prolongé dans le cinéma. Zoli et Bara rêvent leur vie en faisant de leur handicap une force en devenant les compères d’un tueur à gage en fauteuil. Le mélange des genres visuels apporte une inventivité qui permet le mélange du réel et de la fiction. 

LE VOYAGE AU GROENLAND : « Ça vaut pas la peine. De laisser ceux qu’on aime. Pour aller faire tourner. Des ballons sur son nez »

Thomas (Thomas BLANCHARD) et Thomas (Thomas SCIMECA) changent d’air : intermittents du spectacle, ils quittent Paris quelques temps pour le Groenland pour y retrouver le père de Thomas (celui avec le blouson bleu) qui s’est installé à Kullorsuaq, un village reculé, loin de tout. Nos deux compères, en plein dépaysement, découvrent les traditions Inuits (la chasse au phoque ou à l’ours, les spécialités culinaires). C’est frais.

BIENVENUE ! : « Et même s’il faut partir. Changer de terre ou de trace. »

Comment la Norvège gère-t-elle les migrants ? Rune DENSTAD LANGLO en tire une comédie humaniste, haute en couleurs (au sens propre comme au figuré). Un moment tendre et décapant qui fait du bien par où ça passe.

LES ENFANTS DE LA CHANCE :  » Allons enfants »

D’après une histoire vraie, l’histoire d’un jeune garçon qui a vécu la rafle de son lit d’hôpital. Un film réaliste avec une troupe d’enfants attachants qui nous livrent une prestation remarquable. Les enfants de la chance, une oeuvre à l’ambiance tendue avec des touches d’humour et de poésie.

CESSEZ-LE-FEU : Le silence de la douleur

Romain DURIS joue un ancien soldat de la Grande guerre traumatisé par ses blessures psychiques et physiques. Des tranchées aux villages d’Afrique, c’est l’histoire d’un homme qui essaye de se reconstruire avec son frère. Tous les deux deviennent des fantômes qui ont peur du passé et du présent. Cessez-le-feu est un film choc pour donner des images et mettre des mots sur la douleur. Un film aussi sur le souvenir et le langage. 

Carole LECHEVIN et Joris NAESSENS

Carnet d’un festivalier : Jour 7, Aimer est plus fort que d’être aimé

UNE VIE : « Tu m’as tout donné tu m’as tout repris je n’ai plus rien que le mal de toi »

Stéphane BRIZÉ adapte le roman de MAUPASSANT du point de vue de Jeanne (la sublime Judith CHEMLA à l’écran). 30 ans de la vie d’une femme, flashback sur les moments de bonheur. « Dieu déteste le péché de chair, mais encore plus le mensonge » lui dit son confesseur, elle qui est si intègre. C’est le constat douloureux de la fin des illusions. Portez attention à 3 beaux textes cités en off par Jeanne qui sont des ajouts du réalisateur (RONSARD, Marceline DESBORDES VALMORE mais aussi MAUPASSANT). Une belle distribution pour ce film en costume : Jean Pierre DARROUSSIN (Le Baron), Yolande MOREAU (La Baronne), Swann ARLAUD (Julien de LAMARE), Finnegan OLDFIELD (Paul à 20 ans), sans oublier l’abbé TOLBIAC (le confesseur) joué par le Père François Xavier LEDOUX.v__4bce1

OUVERT LA NUIT : « On s’aime pas mais on s’aime quand même »

Edouard BAER ne s’économise pas, à la fois devant et derrière la caméra, il présente Luigi (Edouard BAER), un directeur de théâtre, qui a une nuit pour sauver son spectacle. Le film s’ouvre sur Michel GALABRU et se termine par une chanson d’Alain SOUCHON écrite spécialement pour le film. Luigi a décrété La joie : pour aller d’un point A à un point B la ligne droite n’est pas SON plus court chemin. Il fait les choses, il crée les hasards : « Tous les jours je fais de la magie ». Quand il cherche un singe il google-ise « où trouver un singe ». Il ne ment jamais … il fait « juste des petites surprises ». A sa façon il aime Nawel (Audrey TAUTOU) qu’il traite d’une façon très singulière alors qu’elle veut le faire rentrer dans la réalité. Marcel (Grégory GADEBOIS), en tant que régisseur, lui impose la réalité créant le choc pour qu’il réagisse. Mais il est impossible d’aller contre cette machine débordant de bonne humeur qui refuse de voir les problèmes et c’est ce qui en fait sa force. Comme Faeza (Sabrina OUAZANI), la stagiaire Sc Po, nous sommes embarqués dans cette virée d’un borderline si attachiant qui illustre une forme de résilience bien sympathique.

Carole LECHEVIN pour Scarpe Ciné

Carnet d’un festivalier, jour 6 : «Viens je t’emmène…»

ENTRE ADULTES : « Le tourbillon de la vie »

Stéphane BRISÉ, dans ce film de 2006, présente l’intime de 6 hommes et femmes en nous faisant passer de l’un à l’autre sur un air de boîte à musique. L’amour, le sexe, le boulot et les mensonges font tourner tout ce petit monde.

IL A DÉJÀ TES YEUX : « Colore le monde »

« On peut aimer tous les enfants du monde mais pas être les parents de n’importe lequel d’entre eux ». Lucien JEAN-BAPTISTE porte un regard amusé et amusant sur l’adoption en prenant le contre pied des clichés traditionnels jusqu’à en devenir jouissif voire même culte. Le son des corbeaux qui accompagne les déplacements de l’enquêtrice sociale (Zabou BREITMAN) me restera longtemps en tête. Il faut parfois changer l’ordre des choses pour avancer c’est un peu ce que nous montre ce film de façon humoristique. Image finale du générique dans la salle d’attente de L’ A.S.E. : un beau portrait de famille. N’oubliez d’écouter les corbeaux et les petits oiseaux, du pur génie.

v__81d3

CLOSE ENCOUNTER WITH VILMOS ZSIGMOND : “Ma plus belle histoire d’amour c’est vous”

On ne croque bien que ceux que l’on aime. Partant de cette évidence le portrait de VILMOS ZSIGMOND fait par Pierre FILMON est un véritable hommage à ce chef opérateur mythique. Il transmet sa passion du personnage… lui même passionné et passionnant. Une ode à la communauté du cinéma qui se retrouve autour de ce maître de la lumière. Si “les couleurs perturbent parfois l’histoire”, si “certains films sont plus beaux que ce qu’ils devraient être”, Pierre FILMON nous permet de rencontrer cet homme d’exception qu’est/qu’était Vilmos ZSIGMOND. Incontournable.

COMMENT J’AI RENCONTRE MON PERE : « Où t’es? Papa où t’es? »

Une comédie tendre, drôle et décalée qui pose la question du père de la filiation mais pas que… « Je ne suis pas ton père » répète Kwabéna (Diouc KOMA) à Enguerrand (Owen KANGA), alors qu’Eliott (François Xavier DEMAISON) préfère se faire appeler par son prénom car il n’est pas un père biologiquement parlant. Entouré de la rationnelle Ava (Isabelle CARRÉ) et du fantasque André (Albert DELPY), Maxime MOTTE, régional de l’étape, ne nous raconte pas que des bobards.

LA MECANIQUE DE L’OMBRE : « Être fort, être faible, Être encore face à soi même »

Thomas KRUITHOF présente un premier film abouti sous le signe du mystère, du suspens, de la spirale infernale. A la manière des puzzles de Duval (François CLUZET), nous sommes plongés dans une spirale paranoïaque. L’alchimie du casting (Denis PODALYDES, Sami BOUAJILA, Simon ABKARIAN, Alba ROHRWACHER) associé à la photographie d’Alexandre LAMARQUE donne une œuvre pleine. Merci M. KRUITHOF pour ce grand moment de cinéma.

TANNA : « Aimer, c’est ce qu’il y a d’plus beau … »

Deux amoureux. Deux tribus. L’histoire est simple mais l’amour, c’est compliqué. Tanna est un drame sur une petite île du Pacifique. On découvre de magnifiques paysages et des personnages très durs avec eux-mêmes. Un film percutant, sensible et brut.

Carole LECHEVIN et Joris NAESSENS pour Scarpe Ciné

Carnet d’un festivalier, jour 5 : Et si c’était moi !

HEDI : « Ma révolution porte ton nom »

Hedi (Majd MASTOURA) est un jeune homme d’une trentaine année, discret dans son travail comme dans sa vie privée. Commercial, il n’a pas le mordant, le rentre dedans pour faire face à son patron, à ses objectifs de ventes. Il subit aussi les préparatifs de son mariage organisés par sa mère et son frère. Prisonnier des traditions, il va devoir faire un choix : la douce Khedija, sa future épouse ou la pétillante Kim, animatrice dans une chaîne d’hôtels touristiques. Toute une révolution ! Film déjà primé 2 fois à la Berlinale cette année : le Prix de la meilleure première œuvre et l’ours d’argent du meilleur acteur pour Majd MASTOURA.

CIGARETTES ET CHOCOLAT CHAUD : « Supercalifragilisticexpialidocious »

Denis (Gustave KERVEN) élève ses deux filles Janine (Héloïse DUGAS) et Mercredi (Fanie ZANINI) dans un joyeux « bordel » qui n’échappe pas au regard vigilant de l’action sociale. Séverine (Camille COTTIN), enquêtrice sociale, se plonge avec ses certitudes dans l’univers décalé de cette tribu. C’est joyeux, c’est enjoué, on y distribue des badges de bonne conduite et Sophie REINE (la réalisatrice) transforme le handicap en grande force. A voir ABSOLUMENT à sa sortie en décembre. Fin de transmission…

295598-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

LA BATAILLE GÉANTE DE BOULES DE NEIGE : « Tombe la neige … »

Ce noël, il va neiger dans les salles obscures. Assistez à une grande bataille de neige. Au Arras Film Festival, le festival des enfants a projeté en avant-première « La bataille géante de boules de neige ». Préparez-vous à voir les Einstein de la construction et des techniques pour batailler. C’est un vrai régal de voir ce film bon enfant avec plein d’aventures : espionnages, embuscades, cascades. Un film très fort sur l’absence des parents, la perte d’un proche et il est loin de jeter un froid dans la salle. Les enfants et parents ont passé un très bon moment et quitte le film avec le duo Céline DION et Fred PELLERIN. Un vrai film de noël pour toute la famille avec les voix des Kids United.

Carole LECHEVIN et Joris NAESSENS pour Scarpe Ciné

Carnet d’un festivalier, jour 4 : Rêves et réalités

LA VALLEE DE LA PAIX : « Dans la vallée oh oh de Dana lalilala »

Film slovène de 1957 proposé en version restaurée. Durant la Seconde Guerre Mondiale, deux orphelins, Marko et Lotti, cherchent la vallée perdue, celle où il n’y a ni bombes, ni guerre mais un moulin et des poules. Leur route croise Jim un aviateur noir américain qui cherche à rejoindre le camp des Partisans. Un film de guerre à hauteur d’enfants… John KITZMILLER (Jim) est le premier acteur noir à recevoir le Grand prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 1957. Ce film fait partie de la série des films de Partisans encouragés par Tito. Si nous avons Jeux Interdits les slovènes disposent de ce merveilleux La vallée de la paix… qui doit bien se trouver quelque part comme le conclut si bien Lotti.

CAROLE MATTHIEU : « Rêve d’un monde, monde plus beau à faire ensemble »

Louis Julien PETIT signe à nouveau un film social qui va au bout de ses convictions. Carole Matthieu (Isabelle ADJANI), médecin du travail, veut faire quelque chose qui a du sens. Réceptacle des douleurs de tous, d’un altruisme destructeur elle devient la victime d’un système qui ne met plus l’humain au centre. Louis Julien Petit a, une fois de plus, l’art de montrer le monde des invisibles sous l’angle d’un thriller social avec une touche de fantastique. Corinne MASIERO est véritablement remarquable dans un rôle de DRH aux antipodes du souvenir de « Discount » (le précédent film le Louis Julien PETIT).

LA GRANDE COURSE AU FROMAGE : Une fable moderne

L’année dernière, « De la neige pour Noel » de Rasmus A. Sivertsen était présenté au Arras Film Festival. Un an après, les aventures de Solan de Ludvig continuent. Au programme : une course géante entre deux communes voisines avec un beau fromage. Comme le précèdent film, c’est en stop-motion et en pâte à modeler que se dessinent ces attachants personnages. Le film est drôle, léger et bon enfant. Adapté de l’univers de l’auteur et illustrateur Kjell Aukrust, c’est une adaptation fidèle et un beau message sur la fraternité dans le sport.

souffler-plus-fort-que-la-mer

SOUFFLER PLUS FORT QUE LA MER : La famille et la mer

Pour son premier long-métrage au Arras Film Festival, la nordiste Marine PLACE nous fait voyager sur l’île d’Hoedic et nous fait rencontrer une famille en pleine tempête. Heureusement, la musique arrive à faire surmonter cette épreuve. Un coup de cœur pour ce film pour ces images splendides d’un lieu perdu, de ses acteurs aussi chaleureux que talentueux et pour le personnage de la mer aussi aimante que dévastatrice. Une fable, un conte, un moment de vie à partager avec toute la famille.

Carole LECHEVIN et Joris NAESSENS

Carnet d’un festivalier, jour 3 : « La pire des décisions est celle qu’on a pas prise ! »

MAMAN A TORT : « Ma petite entreprise ne connaît pas la crise »

CAROLE

Ah ! Le fameux stage de découverte de 3ème … Anouk (Jeanne JESTIN) ne veut pas être l’enfant du placard, la stagiaire qui range les archives. Elle s’intéresse au job de Cyrielle, sa mère (Emilie DEQUENNE) et découvre le monde impitoyable de l’entreprise « Ici c’est pire que le collège ! »… et pas n’importe quelle entreprise puisque c’est dans le secteur de l’assurance. La découverte de l’injustice de l’assurance décès des contrats de prêts quand on a 14 ans lui permettra de grandir, de mieux comprendre sa mère.

JORIS

A 14 ans, cette adolescente va changer sa propre vie et celle de sa mère jouée par Emilie Duquenne. Le sujet est intéressant mais le rythme est plombant. L’histoire met du temps à s’installer et la patience s’affaiblit vite. Néanmoins, ce drame social est remarquable par le choix du point de vue de la jeune fille et des personnages surtout réalistes qui gravitent autour d’elle.

LE PETIT LOCATAIRE : « Si maman si »

Nicole a 49 ans et elle attend un heureux événement. Un petit locataire est venu s’installer dans son petit ventre. Un visiteur qui n’est pas vraiment apprécié par tout le monde et qui va encore plus semer la zizanie dans cette famille du sud. Cette comédie réalisée par Nadège Loiseau est fraîche, légère et surtout vitaminée par une musique composée par le mari de la cinéaste. Pendant près d’une heure quarante, on retrouve des personnages décalés et tellement attachants par leur amour et leurs bêtises. La réalisatrice a fait un film à image : dynamique, sensible et qui pose des questions sur notre société d’aujourd’hui.

dsc02909

UNE SEMAINE ET UN JOUR : « Je fais rien que des bêtises, des bêtises quand t’es pas là »

S’il y a un mot pour la perte d’un parent, d’un conjoint… il n’y a rien pour signifier la perte d’un fils. Asaph POLONSKY aborde le thème du deuil sur un ton décalé, léger et grave à la fois dans le portrait d’un père en perte de (re)pères. Les tribulations d’Eyal (le père) accompagné de Zooler (le fils des voisins à la maturité discutable) nous plongent dans la journée qui suit la semaine de deuil. Faire semblant que tout va bien : ce n’est pas possible, faire semblant comme un concours d’Air Guitar ça vaut le coup d’y croire.

24 WEEKS : « Je sais que tu vas nous quitter mon ange »

Difficile de trouver le ton juste pour évoquer un sujet sensible : l’interruption de grossesse pour raison médicale. Anne Zohra BERRACHED présente l’histoire d’Astrid sans compromis sans céder à la facilité. Astrid (Julia JENTSCH) humoriste et Markus (Bjarne MAEDEL) son compagnon et manager ont une lourde décision à prendre après avoir découvert que leur futur bébé sera trisomique. Cette femme publique assume ses choix « Si je suis une grande gueule avec le public, je dois l’être aussi dans la sphère privée ». La réalisatrice a décidé de ne faire aucune ellipse sur le dernier jour de cette 24ème semaine. Ecran blanc et la voix d’Astrid qui dit « Tu me manques »… Beaucoup d’émotions et de sensibilités.

LA COMMUNAUTÉ : « On parle sans cesse d’unité, mais le plus souvent on est divisé »

Communauté ou colocation ? Thomas VINTERBERG part de son expérience personnelle pour toucher les thèmes de la famille, de la vie de couple, de la vie en communauté. Tendre et cruel à la fois, l’utopie du vivre ensemble ne règle pas tout : il est plus facile de régler le déficit du budget bières que de trancher sur qui reste ? qui part ? Le groupe n’a pas vocation à régler «  les problèmes de bonnes femmes ».

WONDERLAND : « Mais pour la fin du monde prends ta valise »

Un mystérieux nuage stagne sur la Suisse. Il devient le catalyseur de toutes les peurs, toutes les pulsions. 10 jeunes réalisatrices et réalisateurs nous proposent une vision de fin du monde qui n’a rien de paisible. Une vision qui dérange, qui dénonce de cette Suisse « qui multiplie les entorses démocratiques pour plus de profits ».

Carole LECHEVIN et Joris NAESSENS